Edito

Edito - 6 avril 2010

Mardi, 06 Avril 2010 08:40

Ode à l'amour

Le soleil de ce matin joue avec quelques trillions de grains de poussière à travers la vitre. Je n'ose pas l'ouvrir car je sais que le froid du dehors détruira l'illusion de chaleur printanière que je suis en train de nourrir. En avril, ne te découvre pas d'un fil, en mai enlève ce qu'il te plaît... ça me fait penser à tous ces doctes dictons dictés par la sagesse (?!) populaire et parfois même par ma mère. J'en veux pour preuve : "ma fille, sache que l'homme que tu aimeras, jamais (tu) ne devras essayer de changer" ou encore "ma fille, sache que le prince charmant n'existe pas, tout ce qu'on dit dans les films c'est bidon".

Ainsi armée pour la vie je suis partie récolter les fruits post-soixante-huitards semés par mes aînées. Bien sûr, comme maman m'avait dit que le prince charmant n'existait pas, je suis allée à sa rencontre... y'a pas de raison! Et je l'ai trouvé, moi! L'ennui c'est qu'il avait quelques petits problèmes d'identité. A force de lui avoir dit qu'il ne valait rien, qu'il ne savait rien, qu'il était nul et non avenu, il avait fini par s'abstenir et rendre sa couronne. Et pendant longtemps il s'était caché (sous la forme d'une grenouille, mais ça, maman ne me l'a pas dit).

Ensuite, pour corroborer le fait qu'un homme ne change jamais, il est devenu : "le nouveau mâle", "le nouvel homme", "le nouveau père", "responsable". Il est ressorti de son étang pour se rapprocher de sa princesse qui l'attendait patiemment, les deux bras dans l'eau savonneuse. Alors; muant à son tour, la princesse est devenue reinette ce qui, comme chacun sait, est une marque de grenouille et ENSEMBLE, le prince grenouille et sa reinette ont mis les coudées franches dans les bouchées doubles (non, c'est le contraire!) pour COLLABORER à la bonne marche d'un monde meilleur*.

Elle est pas belle la vie ?

Christina

*Avec plein de petits tétards, mais ça, c'est une autre histoire.

A propos de tétards... N'oubliez pas l'offre Travys : le retour à Yverdon gratuit si vous faites tamponner votre billet "aller" au Royal avec en prime une réduction du prix de la place. Elle pas belle ? et caetera...
   

Edito - 29 mars 2010

Lundi, 29 Mars 2010 10:54

Travys au pays des merveilles...

... avec, dans le rôle titre notre chère compagnie de transports régionaux et, dans le rôle de "la merveille", notre bien-aimée salle de cinéma ! Vous saurez donc, chère et cher cinéphile, que depuis le 1er avril -  et ceci pendant 6 mois - si vous prenez un billet de train simple course depuis Yverdon-les-Bains, les samedi et dimanche dès 16 h, pour rejoindre votre cinéma Royal préféré, il vous suffira de  faire tamponner ledit billet à la caisse dudit cinéma pour que le retour en train vous soit OFFERT !

Et ce n'est pas tout puisque pour vous récompenser de votre fidélité :

le ROYAL réduit le montant de votre billet d'entrée qui passe ainsi de 14 à 12 frs

Ma calculatrice solaire étant en vacances de pluie - profitons-en pour aller au cinéma ! - je ne vous donnerai pas céans le montant astronomique de votre économie et me contenterai de commenter : elle est pas belle la vie ?

Moi, je dirais bien : "elle est Royale la vie" mais j'aurais peur de faire un peu lourd!

Je m'appuyerai donc plus volontiers sur le film qui va passer ce fameux premier avril, le dernier Tim Burton: "Alice au pays des merveilles". A ce propos, je n'ai pas encore étudié la distribution et je me demande si Mr. Burton y aura fait jouer sa compagne, la sublimissime Helena Bonham Carter ? Justement, nous en parlions l'autre dimanche à table, entre le gigot et le St-Honoré de chez Taillaule (oui, vraiment fameux le St-Honoré ! merci pour le tuyau !). Nous parlions du dernier Nanny McPHee d'Emma Thompson, qui fut la  femme de Kenneth Brannagh juste avant que Ms Bonham-Carter n'entre dans la danse. Si ma mémoire est bonne ces deux-là se sont rencontrés (et aimés !) sur le tournage de Frankenstein - du même Kenneth Brannagh -  puis, continuant sa carrière aux USA, la belle Helena aurait terminé  sa course dans les bras du beau Tim.

Par un effet pervers d'empathie, je me suis dit, tout à coup, que je ne suis pas bien sûre que j'aurais aimé qu'une obscure petite éditorialiste, helvétiquement confédérée, publie ainsi mon parcours amoureux sur la place. Bien sûr, cela n'aurait pas lieu d'être; mais imaginez une seule seconde qu'on fasse de même avec le parcours de l'éditorialiste en question... j'en frémis retrospectivement !

Passons comme chat sur braise et changeons vite de sujet.

Quelque chose me dit que ce week-end je risque bien d'aller voir les deux films proposés. Qu'est devenue Giulia et pourquoi disparaître le jour de son anniversaire ? J'ai toujours aimé ce vertige délicieux que je ressens quand je ne suis pas là où je suis supposée être. Quand personne ne sait où je suis et qu'il pourrait se passer des heures avant que l'on constate ma disparition...

Est-ce que je leur ai dit que les aimais ?

Christina

   

Edito - 22 mars 2010

Lundi, 22 Mars 2010 09:29

Faites des enfants...

Il y a ce film, là... März de Klaus Händl, qui parle de choses dures mais néanmoins existantes et elle m'a dit : "... tu sais, tu n'es pas du tout obligée de parler de "ça", tu peux très bien t'exprimer "autour" du film. C'est un film qui parle d'adolescence.

Entre autres.

Et moi ? Moi, je n'ai JAMAIS été adolescente. D'ailleurs, c'est simple, mon mari m'a dit que je viens de la faire, avec lui, mon adolescence; en même temps que nos enfants ! Pourquoi ? Parce que je n'avais pas de raisons, à l'âge soi-disant requis, de me révolter contre mes parents si parfaits !

C'est vrai quoi, qu'est-ce que j'ai pu les bassiner mes premiers amants avec ces "parents idéaux" que j'avais eus. Et cette période adolescente de rêve que j'avais vécue. Tenez, en ces jours de début de printemps frileux, j'ai, dans ma collection de souvenirs olfactifs, les senteurs de rosée dans le verger d'autrefois. Je conserve dans les oreilles la musique des vagues qui viennent mourir à mes pieds (wouaw le cliché qu'il est beau !) et si je me concentre vraiment très très bien, je peux encore sentir dans mon dos,  là, juste entre mes deux omoplates, la morsure de ce soleil, un poil agressif, qui sort tout juste de sa couette de nuages hivernaux.

Mon adolescence a beaucoup ressemblé à certains de mes voyages, j'ai aimé partir, j'ai aimé revenir mais au milieu... bof !

Oh, bien sûr, comme tout un chacun, j'aurais pu me mettre en danger; c'était le moment où jamais. Autour de mes 12 ans, à la seconde où j'ai pris conscience de la fragilité de la vie, j'ai ressenti dans mon échine ce long frisson désagréable (paléolitique ?) de la peur de mourir. Mais bon, j'ai lu - j'avais moins accès à la télé que nos ados d'aujourd'hui - un ou deux bouquins subversifs, vers mes 18 ans quand ils sont sortis, qui vantaient ce qu'il y avait "après" la mort. J'ai alors cessé d'avoir peur et c'est vrai, je l'avoue, que si les moyens avaient vraiment été sans risque et indolores, j'aurais, avec une légèreté sans égale, été voir de "l'autre côté" si j'y étais !

Après ?

J'ai mis un peu de temps (une petite vingtaine d'années) à accumuler les "expériences" pour retrouver enfin cette peur de mourir, mais j'y suis parvenue au bout du compte...

Est-ce que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à VIVRE ?

Christina

   

Edito - 15 mars 2010

Lundi, 15 Mars 2010 09:11

Wikipédia, la machine à remonter le temps

Le moins qu'on puisse dire c'est que ces éditos me font voyager... merci qui ? Merci Adeline !

J'abhorre et redoute, plus que tout,  cette nuit noire et stérile qui précède la mise au jour de l'idée de génie, quand l'étincelle (divine ou autre) jaillit dans ma tête, en même temps que la musique de Richard Strauss ("Ainsi parla Zarathoustra" le thème percutant  - c'est le moins qu'on puisse dire - de "2001 l'odyssée de l'espace").

Je sais pourtant maintenant, que si je nourris suffisamment la "machine à penser" de la pseudo-créatrice que je suis (il y a plus de neurones dans le cerveau humain que d'étoiles dans la galaxie) alors le miracle a lieu et, pour un instant de grâce éternel et fugitif, je connais à nouveau cet "état" dans lequel ne comptent plus ni la faim ni la soif et où je n'existe plus que sous forme de canal pour une force qui me dépasse...

...le tout en général autour des 4 heures du matin !

Alors hier soir, pour mettre toutes les chances de mon côté, et susciter cet instant convoité, je suis allée surfer et j'ai conduit une recherche à la rencontre de John Keats, pour quel film déjà ? Ah, oui, le petit dernier de Madame Jane Campion : Bright Star pour ne pas le nommer...

J'avais envie de situer la courte vie du poète dans l"'espace temps" et comme j'avais vu, le matin même, le film : "Amazing Grace" j'ai été curieuse de savoir si Keats avait vécu avant ou après l'abolition de l'esclavage, avant ou après la révocation de l'Edit de Nantes, avant ou après Marin Marais (Tous les matins du monde) et quel âge il avait, très exactement, quand, tous ses neurones en ébulition, il écrivait que "toute vision de beauté est une joie qui demeure" (la traduction ne peut être ici qu'approximative et a, d'ailleurs, été multiple dans ce cas précis).

C'est ainsi que dans la même journée je me suis identifiée à la fois à un négrier-futur-pasteur-abolitionniste-de-l'esclavage, puis à Françoise Scarron (Marquise de Maintenon) épouse morganatique de Louis XIV et soi-disant instigatrice de la révocation de l'Edit de Nantes (sans qui je n'aurais jamais connu mon mari, descendant des huguenots en fuite de cette époque) puis enfin, par extrapolation à la fille d'un joueur de viole de gambe dont les amours furent, sans doute, aussi malheureuses que celles du poète susnommé. 

Elle disait quoi encore, cette Amie aussi rare qu'appréciée ?
Elle disait : ...une productrice m'a dit un jour : Pour qu'un film soit réussi, il faut: qu'il fasse rire, il faut qu'il fasse pleurer et il faut qu'il donne envie de tomber amoureux...

J'ai hâte de voir si Madame Campion a réussi ce pari... en attendant, à 6 heures 03, je peux encore juste aller faire un petit tour (au petit jour la la la lère) dans les bras de mon chéri...


Les deux du rang du milieu
Celle qui aime bien se réveiller à côté de Lui !

   
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