Edito
Edito - 22 mars 2010
Lundi, 22 Mars 2010 09:29
Faites des enfants...
Il y a ce film, là... März de Klaus Händl, qui parle de choses dures mais néanmoins existantes et elle m'a dit : "... tu sais, tu n'es pas du tout obligée de parler de "ça", tu peux très bien t'exprimer "autour" du film. C'est un film qui parle d'adolescence.
Entre autres.
Et moi ? Moi, je n'ai JAMAIS été adolescente. D'ailleurs, c'est simple, mon mari m'a dit que je viens de la faire, avec lui, mon adolescence; en même temps que nos enfants ! Pourquoi ? Parce que je n'avais pas de raisons, à l'âge soi-disant requis, de me révolter contre mes parents si parfaits !
C'est vrai quoi, qu'est-ce que j'ai pu les bassiner mes premiers amants avec ces "parents idéaux" que j'avais eus. Et cette période adolescente de rêve que j'avais vécue. Tenez, en ces jours de début de printemps frileux, j'ai, dans ma collection de souvenirs olfactifs, les senteurs de rosée dans le verger d'autrefois. Je conserve dans les oreilles la musique des vagues qui viennent mourir à mes pieds (wouaw le cliché qu'il est beau !) et si je me concentre vraiment très très bien, je peux encore sentir dans mon dos, là, juste entre mes deux omoplates, la morsure de ce soleil, un poil agressif, qui sort tout juste de sa couette de nuages hivernaux.
Mon adolescence a beaucoup ressemblé à certains de mes voyages, j'ai aimé partir, j'ai aimé revenir mais au milieu... bof !
Oh, bien sûr, comme tout un chacun, j'aurais pu me mettre en danger; c'était le moment où jamais. Autour de mes 12 ans, à la seconde où j'ai pris conscience de la fragilité de la vie, j'ai ressenti dans mon échine ce long frisson désagréable (paléolitique ?) de la peur de mourir. Mais bon, j'ai lu - j'avais moins accès à la télé que nos ados d'aujourd'hui - un ou deux bouquins subversifs, vers mes 18 ans quand ils sont sortis, qui vantaient ce qu'il y avait "après" la mort. J'ai alors cessé d'avoir peur et c'est vrai, je l'avoue, que si les moyens avaient vraiment été sans risque et indolores, j'aurais, avec une légèreté sans égale, été voir de "l'autre côté" si j'y étais !
Après ?
J'ai mis un peu de temps (une petite vingtaine d'années) à accumuler les "expériences" pour retrouver enfin cette peur de mourir, mais j'y suis parvenue au bout du compte...
Est-ce que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à VIVRE ?
Christina
Edito - 15 mars 2010
Lundi, 15 Mars 2010 09:11
Wikipédia, la machine à remonter le temps
Le moins qu'on puisse dire c'est que ces éditos me font voyager... merci qui ? Merci Adeline !
J'abhorre et redoute, plus que tout, cette nuit noire et stérile qui précède la mise au jour de l'idée de génie, quand l'étincelle (divine ou autre) jaillit dans ma tête, en même temps que la musique de Richard Strauss ("Ainsi parla Zarathoustra" le thème percutant - c'est le moins qu'on puisse dire - de "2001 l'odyssée de l'espace").
Je sais pourtant maintenant, que si je nourris suffisamment la "machine à penser" de la pseudo-créatrice que je suis (il y a plus de neurones dans le cerveau humain que d'étoiles dans la galaxie) alors le miracle a lieu et, pour un instant de grâce éternel et fugitif, je connais à nouveau cet "état" dans lequel ne comptent plus ni la faim ni la soif et où je n'existe plus que sous forme de canal pour une force qui me dépasse...
...le tout en général autour des 4 heures du matin !
Alors hier soir, pour mettre toutes les chances de mon côté, et susciter cet instant convoité, je suis allée surfer et j'ai conduit une recherche à la rencontre de John Keats, pour quel film déjà ? Ah, oui, le petit dernier de Madame Jane Campion : Bright Star pour ne pas le nommer...
J'avais envie de situer la courte vie du poète dans l"'espace temps" et comme j'avais vu, le matin même, le film : "Amazing Grace" j'ai été curieuse de savoir si Keats avait vécu avant ou après l'abolition de l'esclavage, avant ou après la révocation de l'Edit de Nantes, avant ou après Marin Marais (Tous les matins du monde) et quel âge il avait, très exactement, quand, tous ses neurones en ébulition, il écrivait que "toute vision de beauté est une joie qui demeure" (la traduction ne peut être ici qu'approximative et a, d'ailleurs, été multiple dans ce cas précis).
C'est ainsi que dans la même journée je me suis identifiée à la fois à un négrier-futur-pasteur-abolitionniste-de-l'esclavage, puis à Françoise Scarron (Marquise de Maintenon) épouse morganatique de Louis XIV et soi-disant instigatrice de la révocation de l'Edit de Nantes (sans qui je n'aurais jamais connu mon mari, descendant des huguenots en fuite de cette époque) puis enfin, par extrapolation à la fille d'un joueur de viole de gambe dont les amours furent, sans doute, aussi malheureuses que celles du poète susnommé.
Elle disait quoi encore, cette Amie aussi rare qu'appréciée ?
Elle disait : ...une productrice m'a dit un jour : Pour qu'un film soit réussi, il faut: qu'il fasse rire, il faut qu'il fasse pleurer et il faut qu'il donne envie de tomber amoureux...
J'ai hâte de voir si Madame Campion a réussi ce pari... en attendant, à 6 heures 03, je peux encore juste aller faire un petit tour (au petit jour la la la lère) dans les bras de mon chéri...
Les deux du rang du milieu
Celle qui aime bien se réveiller à côté de Lui !
Edito - 02 mars 2010
Mardi, 02 Mars 2010 10:55
S'attirer les foudres...Il m'a été demandé l'autre jour juste comme ça, en passant : "... au fait, à quoi ça sert la vie ?"
C'est bien une question d'adolescent(e) ça. Il n'y a vraiment qu'eux qui peuvent se permettre de les poser ainsi. C'est vrai, après tout, à quoi ça sert la vie ?
Avant de lui servir les banalités d'usage à mon ado - des banalités d'adulte qui essaie de faire croire qu'il n'a pas autant sinon plus peur que l'ado en question - j'avoue que je suis restée un instant sans réaction.
Après un (trop) court instant de réflexion j'ai tout d'abord eu envie de lui en mettre plein la vue avec des tonnes de lieux communs et de clichés bien gras. J'avais envie d'étaler la couche de mon savoir tiré de ma propre expérience (l'avancement au mérite vous connaissez ?) sur une longue tartine de pain bien blanc, bien lisse. Juste le truc qui dit "zavez vu comme je suis bien hein ?"...
Je n'avais pas compris du tout (toujours pas d'ailleurs) la phrase d'Adeline dans le synopsis de "Percy Jackson le voleur de foudre" : "... extraire sa pauvre maman du tartare cher à Hadès..." mais là, j'avais l'impression, devant le regard interrogateur de mon adolescente d'y être en plein, dans le tartare, moi sa mère, quoi que celui-ci ait pu être. Et bien sûr, pas moyen de se servir de l'imparable arme d'humour... il n'y a moins sensible à son impact qu'un adolescent. Je n'ai jamais vu personne "s'éclater" autant avec si peu d'humour...
J'ai essayé alors de chercher les réponses, même s'il était un peu tard. Peut-être finalement qu'elles pourraient servir un jour ? Et comme j'avais aussi envie, en même temps, d'évoquer la "Vie héroïque" de M. Gainsbourg que, au demeurant, je connais fort peu, je suis allée lire quelques pages d'une biographie, accompagnant quelques disques de lui, que j'avais trouvée en brocante, il y a très longtemps.
Serge Gainsbourg n'est pas, à mon sens, celui qui pourrait le mieux répondre à la question : "à quoi ça sert la vie ?", par contre je suis tombée sur quelques lignes qui m'ont énormément plu et que j'ai eu envie de partager ici, en attendant d'aller voir le film :
"... Les mots sont usés jusqu'à la corde
On voit l'ennui au travers,
Et l'ombre des années mortes
Hante le vocabulaire.
Par la main, emmène-moi hors
Des lieux communs
Et ôte-moi de l'idée
Que tu ne peux t'exprimer
Que par des clichés..."
(S. Gainsbourg)
Tout est dit, non ?
Les deux du rang du milieu
Celle qui s'agite avant de s'en servir
Edito - 22 février 2010
Lundi, 22 Février 2010 09:30
Encore une histoire d'eau...Ce tout petit garçon, juché sur son tabouret, affublé du long tablier rouge (!) à l'ourlet dentelé, penché sur la pâte à biscuits étalée qu'il met en formes avec une concentration extraordinaire...
Ce tout petit garçon s'arrête un instant, me sourit de toutes ces dents moins quelques unes... puis reprend son travail en baissant la tête.
Ce tout petit garçon croyant que je suis sortie de la pièce se met alors à chanter - sotto voce - cette si jolie rengaine : "un petit poisson, un petit oiseau s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre, mais comment s'y prendre, quand on est dans l'eau ???? un petit oiseau, un petit poisson s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre, mais comment s'y prendre, quand on est dans l'air ????
Ce tout petit garçon de bientôt 1m80 joue aujourd'hui (sur sa playstation, what else ?) à un jeu magnifique qui s'appelle "Océans" et il est tout heureux de pouvoir nager au milieu des requins sans se faire dévorer... (profite, ça va pas durer).
Aujourd'hui je pense à ce principe, entendu autrefois, qui disait : "faire envie plutôt que de contraindre" (les termes exacts étaient: "l'attrait plutôt que la réclame" - ceci pour les puristes). Voilà deux fois déjà* que, sans avoir une âme particulièrement missionnaire ni même écologique, je me retrouve impressionnée par la beauté des images qui défilent devant mes yeux. Il y a comme ça des gens qui arrivent à vous faire (re-)croire à la Vie. Il y a comme ça des gens qui vous montrent à quel point notre planète EST belle, et qui vous donnent envie de "participer" pour qu'elle le reste, plutôt que de vous faire de longs discours moralisateurs sur le contenu de votre sac poubelle. Et, grâce à ces gens-là, grâce à ces images-là, j'en oublie mes colères devant le Sieur Untel qui mettait un point d'horr(nn)eur, dans les années combien déjà ? à nous montrer la nature du haut de son hélicoptère (?!) en gardant la caméra fixée sur Lui en quasi-permanence...
Oui, il y a des gens qui Y croient suffisamment pour nous faire partager leur Amour de la Vie, depuis les plus lointaines galaxies, jusqu'au fond des Océans...
Les deux du rang du milieu
Celle qui vit et laisse vivre
*La première fois c'était avec HOME de Monsieur Arthus-Bertrand


