Editos

Edito - 17 mai 2010

Ces films qui font pleurer...

Nous sommes dimanche après-midi. En guise de sieste, nous venons de savourer une merveille de vieillerie américaine.  A date with Judy, ça s'appelle, un de ces films tellement dégoulinant de bons sentiments que j'ai bien du mal à ne pas verser une petite larme. Tant le monde est beau! Tant la terre est belle! Tant les hommes et les femmes sont bons et magnifiques et gentils et généreux, les jeunes comme les "expérimentés" et donnent envie d'être comme ça et même encore meilleur et et et ....

Du coup je ne sais plus si j'ai encore envie d'écrire mon édito comme je le prévoyais... Je cherche une échappatoire... ah oui tiens : Sébastien vient de m'écrire que du 23 juin au 31 juillet, à partir de 19h00, il proposera un choix de salades-crudités composées (mais néanmoins consistantes: ratatouille, lentilles, pommes-de-terre, pâtes), suivi d'un dessert, pour 15 francs seulement. A déguster avant le film (après il n'y en aura plus !).

Un film (A single man) qui va nous faire réfléchir cette semaine, sur ce qui a trait aux questions essentielles, voire vitales. Celles auxquelles aucun d'entre nous n'échappe, au moins une fois dans sa vie. Je veux parler de la confrontation avec la perte d'un ami, ou d'un proche, le face à face avec la mort, l'impuissance, le désespoir... Quand l'air manque dans les poumons,  qu'on s'étonne du manque de larmes, quand les paumes des mains sont rouges à force d'y enfoncer les ongles, des ongles qui s'esquintent en vain à retenir les aiguilles de l'horloge du temps pour en remonter le cours. Risible tentative de revenir en arrière, parce que la vie est finie avant d'avoir été.

Jusqu'à ce matin, ou ce soir, bien particulier, le monde demeure inchangé mais... il y a dans l'air une odeur différente, dans mes poumons une alvéole qui s'ouvre, dans mon coeur ce  sang nouveau qui circule, dans mon âme cette petite musique qui surgit, venue de nulle part. Je sens cette goutte d'eau qui glisse sur la feuille nouvelle et explose sur mon front, guidant mon regard vers l'escargot qui sort son oeil  et scrute la planète. Aussi prudemment que deux hérissons faisant l'amour, je me risque alors - pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? -  à ouvrir mes yeux sur la vie puis, titubant comme l'enfant qui fait ses premiers pas, je mets un pied devant l'autre sur le chemin de l'acceptation.

Christina



Dès que vos yeux seront secs, n'oubliez pas de venir faire tamponner votre billet de train aller simple à la caisse du cinéma, en prenant votre billet (à prix réduit lui aussi), afin de bénéficier du retour gratuit sur Yverdon...

Edito - 10 mai 2010

De l'art de marcher sur des oeufs...

Oh là là, cette semaine au cinéma on ne parle (presque) que de bande-dessinée et de ptérodactyle. Je ne suis pas très BD et si je suis en passe de devenir un dinosaure, il ne sera pas vraiment du genre volant; il y a des chances qu'il demeure au raz des pâquerettes... il fait un temps à ne pas sortir de son lit (sauf pour aller au cinéma).

Vous avez remarqué comme on a, de nos jours, pris l'habitude de s'identifier à ses goûts et dégoûts ? Je ne suis pas pizza... ou rap... ou ski de fond. Je trouve que c'est un peu n'importe quoi (surtout que j'adore la pizza!) mais il semblerait que c'est très tendance. Il y ainsi des modes qui passent puis trépassent (sans que la caravane aboie).

On avait eu Jurassic Parc, un, deux, trois, quatre et nous voilà avec Les extraordinaires aventures d'Adèle Blanc-Sec plusieurs années après. Décidément il y a (j'ose ? oui, j'ose) des oeufs qui ont la vie dure avant l'éclosion. Ça m'a donné envie d'aller demander à Tata Google ce qu'il en est des oeufs de mille ans que j'ai eu le plaisir d'aller admirer à Pékin (Beejiing) il y a presque aussi longtemps. Rassurez-vous, ils n'ont pas tous éclot et si ceux-là avaient éclot, je me demande bien ce qu'il y aurait eu dedans, quelqu'un le sait-il?.

Mais avant de me lancer dans tout ça, je vais commencer par me faire un café. Vous aussi trouvez que le lundi matin ne devrait pas exister ? (Sauf éventuellement après l'âge de la retraite pour que ce soit encore meilleur de ne pas se lever). D'ailleurs je vais de ce pas aller créer un groupe surFacebook "pour l'abolition du lundi matin". En attendant elle n'est pas encore morte Adèle et je reste sur ma faim, c'est trop tard pour me recoucher et j'ai encore quatre longs jours à attendre avant d'aller savourer ce dernier Besson qui ne sera certainement pas, en dépit de la météo, aussi mouillé que le Grand Bleu !

Christina

Ça ne va pas durer 1000 ans mais quand même.... n'oubliez pas de profiter de l'offre Travys pour un retour Ste Croix-Yverdon gratuit si vous faites tamponner votre aller simple au cinéma en prenant votre place à prix réduit.... ok ?


Edito - 4 mai 2010

Un nègre ou un écrivain de couleur ?

J'étais petite (!?) quand j'ai entendu parler de ce métier pour la première fois. J'ai pensé tout naturellement qu'il était réservé aux écrivains de couleur. A-t-on jamais vu un nègre blanc ? (je n'avais pas encore lu "La Tache" de Philippe Roth ni vu le film "J'irai cracher sur vos tombes" tiré du roman éponyme de Boris Vian). J'ai donc renoncé à cette profession convoitée pour cause de stupides raisons raciales.

Je n'en suis pas moins restée à jamais fascinée par la vie des autres. Plonger dans la tête de l'autre, là, dans cet appartement, cette maison, devant lesquels je passe... derrière les volets clos, les rideaux bien tirés, être elle ou lui pour un instant, sentir, savoir, s'imprégner de tout ce qui fait leur vie... et pouvoir le faire à volonté et avec n'importe qui.

En anglais, pour nègre on dit : "Ghost writer" (écrivain fantôme) terme qui n'a pas la connotation raciste qu'on trouve dans les pays francophones. Cela n'empêche pas le nègre en question de rester "un auxiliaire qui effectue le travail d'un commanditaire qui s'en attribue tout le profit". J'ajouterai : et toute la gloire (évidemment!). Ce qui représente néanmoins l'énorme avantage, pour la timide que je suis, de n'avoir jamais à apparaître sur le devant de la scène.

Comme j'envie le nègre qui, loin de l'angoissante page blanche, n'a plus qu'à travailler la matière première. Il peut lui donner lui donner forme, élargir le costume quand il serre aux entournures ou, au contraire, raboter les coins un peu trop râpeux. Ah! Le pouvoir des mots et de celui qui les manipule dans l'ombre. Le Mazarin de l'écriture, l'éminence grise du discours, le magicien du langage. Qui n'a jamais connu la jouissance infinie de transformer entièrement la signification d'une phrase en changeant simplement deux virgules de place ?

Bien sûr, ce n'est que beaucoup plus tard que je me suis rendu compte qu'il y a autant de façons de lire - de regarder un film ? - qu'il y a d'êtres humains... la diversité ça s'appelle !

Christina

PS: j'ai oublié de demander à mon nègre de vous rappeler que pendant encore quelques mois, si vous faites tamponner votre billet de train "aller simple" Yverdon-Ste Croix à la caisse du cinéma royal, non seulement votre place de cinéma vous coûtera moins cher... mais en plus votre retour chez vous, les yeux pleins de rêves, sera gratuit...

Edito - 26 avril 2010

De l'utilité de l'art

A quoi sert un peintre, un sculpteur, un musicien, un écrivain, un poète ?

Je suis devenu "inutile" me disait cet ami au talent extraordinaire quand la maladie l'eut contraint à se réaliser dans la peinture... Maslow, lui, dans sa "pyramide des besoins" plaçait celui de s'accomplir en dernière position.

Dans nos sociétés modernes, bien souvent nous ne nous accordons le droit à un "hobby" qu'après avoir trimé dur toute la semaine pour remplir le frigo, payer le loyer et donner à boire au 4x4. Malgré nos désirs les plus fous et bien que nous sachions que ça devrait être le cas, il nous est impossible de faire de nos aspirations "une priorité". Si, par hasard, il nous reste un peu d'argent, celui-ci nous servira plus facilement à nous nourrir d'exotisme à l'autre bout des océans plutôt qu'à orner notre salon des oeuvres du Facteur Cheval.

Or, il existe encore, de nos jours, croyez-le ou non, une poignée d'individus qui y croit suffisamment - à l'art - pour lui consacrer sa vie. Ces irréductibles portent haut et loin une Lanterne qu'ils appellent Magique et dont ils tentent, année après année d'étendre le faisceau lumineux sur un peuple, sans cesse renouvelé, de petites têtes blondes, brunes, noire et rousses.

Ils entraînent dans leur sillage quelques illuminés que l'on nommera savants et naïfs qui se répondent en de charmants spectacles expliquant aux enfants, à l'aide de petites saynètes, l'argument du film qui va suivre. Neuf mercredis par an, donc, ce film, choisi sur mesure pour faire rire, peur (un peu), pleurer (un peu), réfléchir (beaucoup) est projeté - pour une somme dérisoire - devant un parterre attentif et ces bénévoles se dévouent pour que cet art, inutile au demeurant, laisse devant ces paires d'yeux émerveillées une empreinte durable.

Cette poignée d'incorrigibles rêveurs, que je situerai quelque part au bord du lac de Neuchâtel, organise aussi des séminaires où savants et naïfs se côtoient pour apprendre les ficelles du métier.

Et c'est ainsi que se propage la contagion et que s'étend sur notre belle planète l'envie, le besoin irrépressible, de voir, d'entendre, de partager et de faire partager toutes ces belles choses indispensablement superflues qui élèvent et nourrissent nos âmes.

Il suffisait juste d'y croire.

Christina


...de la même manière que vous pouvez sans autre croire à la générosité des Transports Travys qui vous offrent le billet de retour Ste-Croix/Yverdon si vous faites tamponner, au Cinéma Royal, l'aller simple que vous aurez acheté. Le cinéma, à son tour renchérira avec une réduction substantielle du prix de votre place ! On n'arrête décidément pas le progrès !

Edito - 19 avril 2010

De la part du doute...

Je ne sais pas, non, vraiment pas... je suis tiraillée entre l'envie de disserter sur les crises de doutes d'un artiste, un vrai, comme dans Nine; sur les multiples facettes d'une éducation sentimentale pas forcément vue par Flaubert et, in extenso, sur mes perpétuels doutes concernant mes choix de vie voire mes capacités.

Quand je vis des choses comme celles de l'autre soir, je me pose la question : est-ce que j'ai bien fait ? Sous entendu : de ne pas faire carrière, de ne pas épouser un millionnaire, de ne pas devenir capitaliste, ou escroc ou boursicotteuse ou gérante de casino à Las Vegas (mon rêve!) ou Robin(e) des Bois ou géniale inventrice...

Je m'explique. Nous assistions la semaine dernière aux assemblées générales de la Coopérative Mon Ciné et des Amis du Royal. Et là, bien installée dans un fauteuil moelleux, je me suis laissé dire que dans les 4 années à venir, un complément de 50'000 francs serait à trouver pour finir de financer l'installation numérique du cinéma, installation indispensable si nous voulons continuer à exister...

Là.
Comme ça.
Cinquante mille francs.
Une somme.
Une paille!.

Je me sens frustrée. Je ne les ai pas. Enfin, pas cette semaine. Pas sur moi.
Ô comme je regrette mon détachement vis à vis des choses de l'argent. Mon inconséquence face aux économies. Aux bas de laine. Aux petites fortunes dans les ruisseaux qui font les grandes rivières tant va la cruche à l'eau...  Je n'ai même pas une maison  à hypothéquer, sans ça je le ferai, parole ! Je ne peux même plus vendre des morceaux de la lune, c'est déjà fait. Qu'aurais-je d'autre à vendre ? Mes gribouillis de peintre amateur ? Mes textes ? Honnêtement, sur un plan strictement financier, je ne vaux rien.
Que dalle.
Nada.

Et sur le plan humain ? Peut-être, en cherchant bien, mais... est-ce monnayable? J'ai cru comprendre que même les âmes ne rapportaient plus. Le diable aussi est à découvert à force de les acheter !

Argent, sujet flou, sujet tabou. Ciel mes bijoux ! Je n'en ai pas non plus. Hormis ceux de famille, mais ce n'est même pas moi qui les porte.

Alors comment ? Comment ? Comment ?

Trouver des fonds pour faire survivre notre Cinéma Royal préféré ?

Je n'ai pas de pétrole, je n'ai pas d'idées (mais j'en cherche et vous aussi ?), je n'ai pas de relations qui ont le bras long... mais sans ma dose hebdomadaire de nourriture onirique, émotionnelle, spirituelle et intellectuelle...

... elle est beaucoup moins belle la vie, non ?

Christina


En attendant (de trouver une solution), profitez-en pour faire des économies - que vous pourrez toujours nous reverser - avec l'offre Travys : Le retour à Yverdon gratuit si vous faites tamponner votre aller simple au cinéma, en prenant votre place qui, elle aussi, sera à prix réduit !

Edito - 12 avril 2010

Un choc titanesque... et plein d'étincelles !

Oui, enfin je crois, mais c'est mal parti pour... Je suis épuisée !

Pour tout vous dire "Le choc de titans" n'est pas - vous l'aurez compris à son titre - un film de tout repos. Je ne sais pas quel est le collègue qui a écrit la légende de base, mais je peux vous dire que ces gens-là étaient de vrais solides.

Voyez ce qui arrive à ce pauvre garçon (Persée) qui n'a pu s'empêcher d'émettre un vagissement alors qu'il faisait ses dents. On l'enferme dans un coffre avec sa môman (Danaé) pendant que son papa (Zeus) était au boulot et hop, on les jette à la mer. Heureusement qu'à cette époque-là la mer n'était pas encore si grande et qu'il y avait des îles habitées partout. Comme il avait son garde-manger avec lui, si j'ose dire, la traversée n'a pas été si pénible, elle ne l'a même pas tué. Echoué sur une île il a aussitôt été recueilli  par un gentil pêcheur (sans doute parce que sa maman était belle) et ce furent les débuts de la famille recomposée. Il continue sa croissance à peu près normalement mais dès qu'il est assez grand on lui demande (comme une faveur) d'aller tuer un monstre (la Gorgone-méduse) dont la chevelure est faite de serpents et dont le regard pétrifie tous ceux qu'il touche (sauf lui!).

Hermès (qui ne faisait pas encore dans les sacs) et sa copine Athéna (qui faisait déjà dans le traffic d'armes) lui ont donné un coup de pouce, grâce à quoi il s'en est sorti entier encore une fois. Il rentre chez lui en faisant un petit détour par l'Ethiopie pour acheter du nard pour maman et  voilà qu'il rencontre Andromède qui se retrouve dans de sales draps à cause de Cassiopée, sa maman à elle, un peu trop bavarde. N'écoutant que son courage, il prend son épée magique, la délivre  des méchants et l'épouse. Ils rentrent enfin à la maison pour le fameux repos du guerrier et paf! voilà qu'il doit encore se venger du roi de l'île (Polydectès) celui-là même qui l'avait éloigné en mission pour avoir la paix pour séduire sa (toujours belle) maman.

Comme son île est devenue trop petite (deux belles femmes d'un coup ça prend de la place surtout avec le bébé à venir) il a déménagé sur celle d'à côté. Un jour, en participant à des jeux sociaux organisés par le roi du coin, il tue accidentellement son grand-père (Acrisios) comme l'avait bien dit l'oracle du tout début de l'histoire (dont je n'ai pas parlé pour garder le suspense).

Et tout ça, un lundi matin avant 8 heures, ça ne vous fatigue pas vous ?

Christina

et n'oubliez pas...
...l'offre Travys : le retour à Yverdon gratuit si vous faites tamponner votre billet "aller" au Royal avec en prime une réduction du prix de la place (le super-deal du siècle jusqu'à fin septembre!).

Edito - 6 avril 2010

Ode à l'amour

Le soleil de ce matin joue avec quelques trillions de grains de poussière à travers la vitre. Je n'ose pas l'ouvrir car je sais que le froid du dehors détruira l'illusion de chaleur printanière que je suis en train de nourrir. En avril, ne te découvre pas d'un fil, en mai enlève ce qu'il te plaît... ça me fait penser à tous ces doctes dictons dictés par la sagesse (?!) populaire et parfois même par ma mère. J'en veux pour preuve : "ma fille, sache que l'homme que tu aimeras, jamais (tu) ne devras essayer de changer" ou encore "ma fille, sache que le prince charmant n'existe pas, tout ce qu'on dit dans les films c'est bidon".

Ainsi armée pour la vie je suis partie récolter les fruits post-soixante-huitards semés par mes aînées. Bien sûr, comme maman m'avait dit que le prince charmant n'existait pas, je suis allée à sa rencontre... y'a pas de raison! Et je l'ai trouvé, moi! L'ennui c'est qu'il avait quelques petits problèmes d'identité. A force de lui avoir dit qu'il ne valait rien, qu'il ne savait rien, qu'il était nul et non avenu, il avait fini par s'abstenir et rendre sa couronne. Et pendant longtemps il s'était caché (sous la forme d'une grenouille, mais ça, maman ne me l'a pas dit).

Ensuite, pour corroborer le fait qu'un homme ne change jamais, il est devenu : "le nouveau mâle", "le nouvel homme", "le nouveau père", "responsable". Il est ressorti de son étang pour se rapprocher de sa princesse qui l'attendait patiemment, les deux bras dans l'eau savonneuse. Alors; muant à son tour, la princesse est devenue reinette ce qui, comme chacun sait, est une marque de grenouille et ENSEMBLE, le prince grenouille et sa reinette ont mis les coudées franches dans les bouchées doubles (non, c'est le contraire!) pour COLLABORER à la bonne marche d'un monde meilleur*.

Elle est pas belle la vie ?

Christina

*Avec plein de petits tétards, mais ça, c'est une autre histoire.

A propos de tétards... N'oubliez pas l'offre Travys : le retour à Yverdon gratuit si vous faites tamponner votre billet "aller" au Royal avec en prime une réduction du prix de la place. Elle pas belle ? et caetera...

Edito - 29 mars 2010

Travys au pays des merveilles...

... avec, dans le rôle titre notre chère compagnie de transports régionaux et, dans le rôle de "la merveille", notre bien-aimée salle de cinéma ! Vous saurez donc, chère et cher cinéphile, que depuis le 1er avril -  et ceci pendant 6 mois - si vous prenez un billet de train simple course depuis Yverdon-les-Bains, les samedi et dimanche dès 16 h, pour rejoindre votre cinéma Royal préféré, il vous suffira de  faire tamponner ledit billet à la caisse dudit cinéma pour que le retour en train vous soit OFFERT !

Et ce n'est pas tout puisque pour vous récompenser de votre fidélité :

le ROYAL réduit le montant de votre billet d'entrée qui passe ainsi de 14 à 12 frs

Ma calculatrice solaire étant en vacances de pluie - profitons-en pour aller au cinéma ! - je ne vous donnerai pas céans le montant astronomique de votre économie et me contenterai de commenter : elle est pas belle la vie ?

Moi, je dirais bien : "elle est Royale la vie" mais j'aurais peur de faire un peu lourd!

Je m'appuyerai donc plus volontiers sur le film qui va passer ce fameux premier avril, le dernier Tim Burton: "Alice au pays des merveilles". A ce propos, je n'ai pas encore étudié la distribution et je me demande si Mr. Burton y aura fait jouer sa compagne, la sublimissime Helena Bonham Carter ? Justement, nous en parlions l'autre dimanche à table, entre le gigot et le St-Honoré de chez Taillaule (oui, vraiment fameux le St-Honoré ! merci pour le tuyau !). Nous parlions du dernier Nanny McPHee d'Emma Thompson, qui fut la  femme de Kenneth Brannagh juste avant que Ms Bonham-Carter n'entre dans la danse. Si ma mémoire est bonne ces deux-là se sont rencontrés (et aimés !) sur le tournage de Frankenstein - du même Kenneth Brannagh -  puis, continuant sa carrière aux USA, la belle Helena aurait terminé  sa course dans les bras du beau Tim.

Par un effet pervers d'empathie, je me suis dit, tout à coup, que je ne suis pas bien sûre que j'aurais aimé qu'une obscure petite éditorialiste, helvétiquement confédérée, publie ainsi mon parcours amoureux sur la place. Bien sûr, cela n'aurait pas lieu d'être; mais imaginez une seule seconde qu'on fasse de même avec le parcours de l'éditorialiste en question... j'en frémis retrospectivement !

Passons comme chat sur braise et changeons vite de sujet.

Quelque chose me dit que ce week-end je risque bien d'aller voir les deux films proposés. Qu'est devenue Giulia et pourquoi disparaître le jour de son anniversaire ? J'ai toujours aimé ce vertige délicieux que je ressens quand je ne suis pas là où je suis supposée être. Quand personne ne sait où je suis et qu'il pourrait se passer des heures avant que l'on constate ma disparition...

Est-ce que je leur ai dit que les aimais ?

Christina


Edito - 22 mars 2010

Faites des enfants...

Il y a ce film, là... März de Klaus Händl, qui parle de choses dures mais néanmoins existantes et elle m'a dit : "... tu sais, tu n'es pas du tout obligée de parler de "ça", tu peux très bien t'exprimer "autour" du film. C'est un film qui parle d'adolescence.

Entre autres.

Et moi ? Moi, je n'ai JAMAIS été adolescente. D'ailleurs, c'est simple, mon mari m'a dit que je viens de la faire, avec lui, mon adolescence; en même temps que nos enfants ! Pourquoi ? Parce que je n'avais pas de raisons, à l'âge soi-disant requis, de me révolter contre mes parents si parfaits !

C'est vrai quoi, qu'est-ce que j'ai pu les bassiner mes premiers amants avec ces "parents idéaux" que j'avais eus. Et cette période adolescente de rêve que j'avais vécue. Tenez, en ces jours de début de printemps frileux, j'ai, dans ma collection de souvenirs olfactifs, les senteurs de rosée dans le verger d'autrefois. Je conserve dans les oreilles la musique des vagues qui viennent mourir à mes pieds (wouaw le cliché qu'il est beau !) et si je me concentre vraiment très très bien, je peux encore sentir dans mon dos,  là, juste entre mes deux omoplates, la morsure de ce soleil, un poil agressif, qui sort tout juste de sa couette de nuages hivernaux.

Mon adolescence a beaucoup ressemblé à certains de mes voyages, j'ai aimé partir, j'ai aimé revenir mais au milieu... bof !

Oh, bien sûr, comme tout un chacun, j'aurais pu me mettre en danger; c'était le moment où jamais. Autour de mes 12 ans, à la seconde où j'ai pris conscience de la fragilité de la vie, j'ai ressenti dans mon échine ce long frisson désagréable (paléolitique ?) de la peur de mourir. Mais bon, j'ai lu - j'avais moins accès à la télé que nos ados d'aujourd'hui - un ou deux bouquins subversifs, vers mes 18 ans quand ils sont sortis, qui vantaient ce qu'il y avait "après" la mort. J'ai alors cessé d'avoir peur et c'est vrai, je l'avoue, que si les moyens avaient vraiment été sans risque et indolores, j'aurais, avec une légèreté sans égale, été voir de "l'autre côté" si j'y étais !

Après ?

J'ai mis un peu de temps (une petite vingtaine d'années) à accumuler les "expériences" pour retrouver enfin cette peur de mourir, mais j'y suis parvenue au bout du compte...

Est-ce que c'est à ce moment-là que j'ai commencé à VIVRE ?

Christina


Edito - 15 mars 2010

Wikipédia, la machine à remonter le temps

Le moins qu'on puisse dire c'est que ces éditos me font voyager... merci qui ? Merci Adeline !

J'abhorre et redoute, plus que tout,  cette nuit noire et stérile qui précède la mise au jour de l'idée de génie, quand l'étincelle (divine ou autre) jaillit dans ma tête, en même temps que la musique de Richard Strauss ("Ainsi parla Zarathoustra" le thème percutant  - c'est le moins qu'on puisse dire - de "2001 l'odyssée de l'espace").

Je sais pourtant maintenant, que si je nourris suffisamment la "machine à penser" de la pseudo-créatrice que je suis (il y a plus de neurones dans le cerveau humain que d'étoiles dans la galaxie) alors le miracle a lieu et, pour un instant de grâce éternel et fugitif, je connais à nouveau cet "état" dans lequel ne comptent plus ni la faim ni la soif et où je n'existe plus que sous forme de canal pour une force qui me dépasse...

...le tout en général autour des 4 heures du matin !

Alors hier soir, pour mettre toutes les chances de mon côté, et susciter cet instant convoité, je suis allée surfer et j'ai conduit une recherche à la rencontre de John Keats, pour quel film déjà ? Ah, oui, le petit dernier de Madame Jane Campion : Bright Star pour ne pas le nommer...

J'avais envie de situer la courte vie du poète dans l"'espace temps" et comme j'avais vu, le matin même, le film : "Amazing Grace" j'ai été curieuse de savoir si Keats avait vécu avant ou après l'abolition de l'esclavage, avant ou après la révocation de l'Edit de Nantes, avant ou après Marin Marais (Tous les matins du monde) et quel âge il avait, très exactement, quand, tous ses neurones en ébulition, il écrivait que "toute vision de beauté est une joie qui demeure" (la traduction ne peut être ici qu'approximative et a, d'ailleurs, été multiple dans ce cas précis).

C'est ainsi que dans la même journée je me suis identifiée à la fois à un négrier-futur-pasteur-abolitionniste-de-l'esclavage, puis à Françoise Scarron (Marquise de Maintenon) épouse morganatique de Louis XIV et soi-disant instigatrice de la révocation de l'Edit de Nantes (sans qui je n'aurais jamais connu mon mari, descendant des huguenots en fuite de cette époque) puis enfin, par extrapolation à la fille d'un joueur de viole de gambe dont les amours furent, sans doute, aussi malheureuses que celles du poète susnommé. 

Elle disait quoi encore, cette Amie aussi rare qu'appréciée ?
Elle disait : ...une productrice m'a dit un jour : Pour qu'un film soit réussi, il faut: qu'il fasse rire, il faut qu'il fasse pleurer et il faut qu'il donne envie de tomber amoureux...

J'ai hâte de voir si Madame Campion a réussi ce pari... en attendant, à 6 heures 03, je peux encore juste aller faire un petit tour (au petit jour la la la lère) dans les bras de mon chéri...


Les deux du rang du milieu
Celle qui aime bien se réveiller à côté de Lui !


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