lundi, 08 avril 2013 09:49

Edito - 8 avril 2013

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Le Cinéma Royal, une auberge espagnole ?

Signification d'auberge espagnole: un lieu ou une situation où on ne trouve que ce qu'on y a apporté.
Il vient de la mauvaise réputation qui, dès le XVIIIe siècle, était faite par les voyageurs étrangers aux auberges espagnoles où il était conseillé aux visiteurs, s'ils voulaient manger à leur faim, d'amener eux-mêmes de quoi se sustenter et se désaltérer, soit parce que l'auberge offrait le gîte mais pas le couvert, soit parce que la qualité et la quantité de ce qui leur y était servi étaient très critiquables.
Mais un nouveau sens de cette expression est apparu assez récemment, et on lui donne deux explications éventuellement complémentaires :
- chacun amenant son repas, on trouvait dans l'auberge une grande variété de nourritures ;
- une faune très variée fréquentait les auberges placées sur le chemin du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, puisqu'on était susceptible d'y croiser des gens venus de très nombreux pays différents.

C'est cette toute petite phrase à la fin du programme transmis par notre royale gérante, Adeline, pour ne pas la nommer, qui dit : "et des films que vous nous demanderez..." qui m'a rappelé la chose.
C'est vrai que le Cinéma Royal "appartient" à Ste-Croix, en ce sens qu'il fait partie intégrante de la vie de notre village depuis de très longues années. Bien d'autres villages d'égale ou de plus grande importance n'ont pas cette bonne fortune. C'est vrai qu'il nous incombe dès lors de le faire vivre au mieux de toutes nos possibilités et qu'on y retrouvera ainsi toujours ce que nous y avons apporté. Nourritures spirituelles et intellectuelles...

N'est-ce pas fantastique de savoir que vous et moi pouvons, comme bon nous semble, pour quelques dollars de plus, nous offrir le luxe de louer à la fois une salle et un film. De pouvoir, bien mieux que chez nous, recevoir des centaines d'amis, de membres de nos familles, pour une fête, un anniversaire, un jubilé, une rencontre...

Alors n'hésitons plus ! Et vive la fête !!!

En attendant les innombrables occasions d'en provoquer (des fêtes) nous allons commencer par savourer Boule et Bill qui est la toute première adaptation au cinéma de la célèbre bande dessinée éponyme créée par Jean Roba en 1959, et dont Laurent Verron a repris les flambeaux depuis 2003. Il s'agit d'une adaptation en réel, c'est à dire avec de vrais acteurs, et un vrai chien dans le rôle de Bill. Ce soir et demain. Dès vendredi Le Monde Fantastique d’Oz nous racontera comment Oz est devenu Le Magicien. Comment un médiocre magicien de cirque, un charlatan, se retrouve dans un monde fantastique qui l’accueille en sauveur.  "C’est l’histoire d’un homme ordinaire et égoïste qui devient un grand magicien altruiste", déclare le réalisateur Sam Raimi. Un peu comme nous quand nous voulons à tout prix correspondre au regard de l'autre ? Illusion or no illusion ? That is the real question.... Le week-end se terminera sur un documentaire fascinant qui nous donnera bien du blé à moudre : Une vie meilleure est ailleurs. Moi qui suis persuadée que celui qui n'a pas été rassasié à la table de son père ne le sera jamais, j'ai hâte de voir et d'entendre la brillante démonstration de  M. Rolando Colla dont je me réjouis de faire la connaissance ce soir là !

La semaine suivante sera une semaine passionnément musicale. Elle commencera dès mercredi avec Rigoletto (1851) opéra en trois actes et quatre tableaux de Guiseppe Verdi. D'après la pièce de Victor Hugo "Le roi s'amuse". Centré sur le personnage dramatique et original d'un bouffon de cour, Rigoletto fit initialement l'objet de la censure de l'empire austro-hongrois. Le roi s'amuse avait subi le même sort en 1832, interdit par la censure et repris seulement cinquante ans après la première. Ce qui, dans le drame d'Hugo, ne plaisait ni au public ni à la critique, était la description sans détour de la vie dissolue à la cour du roi de France, avec au centre le libertinage de François 1er. Dans l'opéra, le livret transfère l'action, par compromis, à la cour de Mantoue qui n'existe plus à l'époque, remplace le roi de France par le duc, et le nom de Triboulet par celui de Rigoletto. Intense drame de passion, de trahison, d'amour filial et de vengeance, Rigoletto offre non seulement une combinaison parfaite de richesse mélodique et de pouvoir dramatique, mais il met en évidence les tensions sociales et la condition féminine subalterne dans laquelle le public du XIXe siècle pouvait facilement se reconnaître. Vous avez dit passionnant ?

Après avoir savouré en apéritif quelques extraits d'Argerich, j'en ai retenu cette phrase de la réalisatrice : J'ai passé ma vie à lutter contre l'emprise douce et paralysante de ma mère... Reste à voir comment la lutte se termine... Pour ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de voir Sugar Man et The Sapphires, le moment sera venu de combler la frustration... Je me réjouis pour ma part de faire la connaissance de M. Jean-Yves Poupin, vendredi 12, avec le magnifique Visages d'enfants qu'il mettra en musique pour notre plus grand bonheur ! Oh, je sens que je ne vais pas beaucoup quitter le cinéma ce week-end là, parce que tout sera si intéressant ! Quartet avec inénarrable Maggie Smith, Song for Marion qui promet d'être un de ces petit bijou qui redonne foi dans la vie, et enfin Vibrato, le dernier film de notre si talentueuse Jacqueline Veuve présenté par Mélanie Pitteloud.

Le tout avec, comme toujours, de quoi nous sustenter agréablement entre deux projections. Un immense MERCI à Sébastien et à son équipe ! Comme dirait Adeline : Elle est pas belle la vie ?

Bons films !
christina

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