jeudi, 18 février 2021 13:33

Les bons plans «cinéma» du Royal #07

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Une feuille de route, du cinéma indépendant américain et un brin de magie 

Ouf, mercredi passé, le Conseil fédéral a enfin daigné communiquer à la culture agonisante mais reconnaissante une feuille de route. Partant, si l’on évite le redoutable effet «yo-yo» lié à toute épidémie, notre bien-aimé Royal devrait rouvrir officiellement ses portes le jeudi 1 avril… Mais le conditionnel reste hélas de mise! D’ici là, nous vous suggérons de prendre votre mal en patience en consultant nos bons plans «cinéma».

Vive le cinéma indépendant américain

Depuis des décennies, le cinéma indépendant américain fait rempart aux menées souvent insipides de l’hydre hollywoodienne. Les films dits «indies» se définissent non seulement en termes de production, libérée des grands studios, mais surtout par leur indifférence au mainstream, leurs points de vue marqués et leur refus du conformisme. Par le biais de l’indispensable filmothèque du Royal (cinemaroyal.cinefile.ch), nous vous invitons à en voir ou revoir quatre fleurons.

«Paterson» de Jim Jarmusch

De «Stranger than Paradise» à «Broken Flowers», en passant par «Dead Man», Jim Jarmusch a développé un style à nul autre pareil, mélange contemplatif entre sensibilité américaine et culture cinéphile européenne. Tournant peu, l’auteur de «Down By Law»» nous gratifie aujourd’hui du merveilleux «Paterson» (2016), titré à la fois en référence à son personnage, à une ville du New Jersey et au poème de William Carlos Williams… A Paterson, un chauffeur de bus prénommé Paterson (Adam Driver) mène une vie tranquille avec Laura (Golshifteh Farahani) et leur bouledogue Marvin. Inspiré par son amour pour son amie, sa ville et ses habitants, il noircit les pages d’un carnet secret… En résulte une exaltation bouleversante du quotidien par la poésie!

PATERSON Filmcoopi

«Take Shelter» de Jeff Nichols

Le cinéaste américain indépendant Jeff Nichols décrit dans «Take Shelter» («Trouver refuge», 2011) l’emprise croissante de la folie sur un bon père de famille, qui travaille dans une entreprise de forage. Victime de cauchemars récurrents, Curtis La Forche (Michael Shannon) est obsédé par l’idée qu’une tornade va s’abattre sur les siens. Il s’évertue à protéger sa femme Samantha (Jessica Chastain) et sa petite fille sourde-muette (Tova Stewart), jusqu’à se ruiner pour leur construire un abri souterrain dans le jardin de sa maison… Avec un art saisissant de la mise en scène, le cinéaste distille le soupçon sur la réalité qu’il donne à voir au spectateur, en l’enfermant peu à peu dans la paranoïa de son personnage… Impressionnant!

TAKESHELTER Elite

«Nebraska» d’Alexandre Payne

Avec «Nebraska» (2013), Alexander Payne a confirmé avec tout son talent pour les comédies douces-amères et décalées… Persuadé qu’il a gagné un million de dollars suite à un hypothétique tirage au sort par correspondance, Woody Grant, un vieillard à la raison vacillante, veut à tout prix se rendre à Lincoln, dans le Nebraska, pour y toucher son lot. Têtu, il multiplie les fugues, au désespoir de sa femme qui souhaiterait le placer dans un home. Devant son obstination, son fils, un vendeur de hi-fi pas très futé, accepte de le conduire à destination, histoire de lui prouver qu’il a été abusé par une publicité aguichante. Durant le voyage le fiston s’efforce de renouer avec ce père qui n’aura été que déceptions… Dans le rôle du vieillard buté, l’acteur Bruce Dern est tout simplement inoubliable.

NEBRASKA Elite

«Inside Llewyn Davis» d’Ethan et Joël Coen

Terminons avec la fratrie phare du cinéma indépendant étasunien, les frères Coen et l’un de leurs films parmi les plus émouvants, «Inside Llewyn Davis» (2013) qui constitue une chronique éblouissante et pince-sans-rire de l’échec. S’inspirant de la biographie d’un chanteur de folk peu chanceux, les deux Coen imaginent quelques jours de sa piètre existence, pendant l’hiver 1961. Après avoir chanté dans un club, Llewyn Davis (Oscar Isaac) se fait tabasser par un inconnu. Au matin, on le retrouve sur le sofa d’un vieux couple qui l’héberge provisoirement, très admiratif de son disque dont les invendus s’accumulent… A leur manière inégalable, les deux frangins flèchent ce naufrage existentiel qui finit par tourner en boucle… En très grands cinéastes qu’ils sont, les Coen réussissent l’exploit de nous rendre leur lamentable personnage constamment attachant… Du grand art! 

INSIDELLEWYNDAVIS Elite

La magie pour tous et toutes

Maints parents se demandent comment leurs enfants qui ne sont pas (encore membres) de La Lanterne Magique peuvent accéder aux séances en ligne qu’elle organise en attendant que les salles rallument leurs écran. Rien n’est plus facile. Il suffit de se rendre sur le site Internet de La Lanterne (www.lanterne-magique.org) et de s’inscrire via un formulaire. Pour un prix très modeste, chacun aura dès lors accès aux séances en ligne puis aux projections en salles dès que cela sera possible. Jusqu’au 9 mars, il est ainsi possible de découvrir en famille le sublime et émouvant «Arrietty : le petit monde des chapardeurs», un film d’animation dont le scénario est signé Miyazaki. 

Lanterne Magique : ARRIETTY (VOD)

SERIE FRA

Vincent Adatte

 

Lu 74 fois Dernière modification le jeudi, 18 février 2021 14:02
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